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[GRAND TÉMOIN] CITÉ CAP 2018 : À la rencontre de 4 compagnons de transformation (Part.2)

Grand Témoin
Par L'équipe éditoriale

Lors de la plénière d’ouverture de Cité Cap, nous sommes toutes et tous invité-e-s à prendre de la hauteur. Ce vendredi matin, à Carcassonne, sont abordés les grandes problématiques de vie et les grands enjeux actuels : retour aux sources, changement climatique, préservation des ressources, alimentation, accroissement de la population, accueil des migrants, innovation, protection des océans, etc. Autant de transformations économiques, sociales et environnementales qui influent sur notre façon de manager. Yannick Roudaut, ancien journaliste économique et financier, nous guide sur ce long chemin de transformation, avec l’aide de quatre précieux témoins dont on se souviendra longtemps. Écoutez-les !

 

2ème témoin : Virginie Raisson

4 grands défis à relever

 

Géopolitologue, Virginie Raisson dirige le Laboratoire d'études prospectives et d'analyses cartographiques (LÉPAC), qui inspire notamment l'émission "Le Dessous des cartes". Interviewée par Yannick Roudaut, elle est venue nous partager sa vision du futur.

 

Avec la sécheresse des derniers mois, on parle beaucoup de changement climatique… Selon vous, comment le monde va-t-il évoluer ?

« Personne ne sait de quoi l’avenir sera fait et c’est tant mieux ! Mais nous devons reconnaître les signaux faibles de ce futur afin que chacun se les approprie et transforme les choses pour le meilleur. La bonne nouvelle, c’est que, globalement, le monde va mieux : la pauvreté a reculé depuis 1990. Cette année-là, plus du tiers de la population mondiale vivait dans une extrême pauvreté. En 2015, ce ne sont plus que 800 000 personnes. Le problème, c’est que, pendant que la pauvreté recule, les inégalités progressent et la richesse se concentre. Selon l’Oxfam, 82 % de la richesse mondiale créée en 2017 s’est retrouvée aux mains des plus riches, qui ne représentent qu’ 1 % de la population. Le futur est là, mais il est inégalement réparti… »

 

L’autre enjeu, c’est la croissance de la population : nous serons 10 milliards d’habitants en 2050. Comment faire ?

« Dans tous les articles sur le futur, on parle, en effet, des deux milliards d’habitants qui vont arriver en plus. Mais qui sont-ils ? En fait, si on regarde attentivement la pyramide des âges, les surnuméraires sont déjà nés, ils sont déjà là ! C’est simplement lié au vieillissement démographique mondial, au non-renouvellement des générations et à l’allongement de l’espérance de vie. Nous avons gagné 30 ans en un siècle ! Ce vieillissement de la population va changer beaucoup de choses. Les maladies neurodégénératives vont se développer, leur traitement est très coûteux, l’accompagnement des malades aussi. Cela créera sûrement des tensions intergénérationnelles… En France, en 2050, les votants auront en moyenne 58 ans. Alors, remboursement des prothèses des hanches pour tous ou augmentation des bourses pour les étudiants ? Nous aurons à faire des choix. Et nous devons transformer nos sociétés pour qu’elles s’adaptent à ces mutations. »

 

 
« La bonne nouvelle, c’est que face à ces problématiques, nous pouvons agir à de nombreux endroits. C’est l’effet papillon. Il y a de multiples moyens d’agir à (re)trouver ! »

 

Le 3ème défi, c’est justement de savoir comment nous allons pouvoir vivre aussi nombreux ! Ne faudra-t-il pas nécessairement remettre en question nos modes de consommation ?

« Oui, c’est lié à la question de savoir si notre Planète est surpeuplée ou pas. Aujourd’hui, nous n’avons pas tous les mêmes besoins. Grâce à la production agricole mondiale, nous pouvons nourrir 8 milliards de personnes si elles mangent comme des Japonais et 12 milliards si leur régime alimentaire est faiblement carné. En revanche, si tout le monde mangeait pour 1 euro à chaque repas, nous ne pourrions nourrir que 3,5 milliards d’habitants. C’est sûr, nous ne pourrons pas nourrir tout le monde avec un régime aussi carné que le nôtre ! La viande rouge crée des problèmes d’eau, de terres agricoles et de santé. Diabète, cholestérol, obésité : nous mangeons de plus en plus de sucre et de viande. Nous devons réduire notre consommation. Moi, personnellement, j’ai choisi d’arrêter de manger de la viande. En réalité, c’est assez facile et on redécouvre plein de saveurs. »

 

4ème défi : serons-nous capables de pérenniser cette population, sachant que les ressources s’amenuisent ? L’écologie n’est-elle pas incompatible avec l’augmentation de la population ? Ne devons-nous pas changer de paradigme ?

« Dans l’équation précédente, il manque, en effet, un élément de taille : les ressources ! 80 % des ressources ne sont pas renouvelables. Pour moi, la préservation de la biodiversité est un problème économique plutôt que démographique. Nous n’avons pas le choix, nous sommes obligés de changer ! Heureusement, il existe des solutions : l’économie de partage, l’économie circulaire, le recyclage en sont quelques exemples. Ce qui est important dans ces nouvelles formes d’économie, c’est le service rendu, le plaisir. À nous de repenser notre mode de consommation et notre modèle économique ! »

 

ARTICLE RÉDIGÉ PAR CÉCILE ROGER


 

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