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[LA BIG QUESTION] La transformation, oui mais à quel rythme ? Part.1

La biG question
Par L'équipe éditoriale

La transformation, oui mais à quel rythme ?

 

Dans notre société d’immédiateté, une fois qu’on a décidé d’une chose, en général, on la veut vite. Mais pour la transformation, c’est différent. Il faudrait, au contraire, s’armer de patience... François Richer, coach agile chez Airbus à Toulouse et DG bénévole d’Enercoop Midi-Pyrénées, essaie, pour nous, de répondre à la difficile question du rythme !

 

« La vraie transformation, c’est passer à une évolution constante, en s’ouvrant à ce qui nous entoure et en prenant conscience de la réalité économique, mais aussi sociétale et écologique. » Pour ce fils de militants qui, à 15 ans déjà, portait un badge antinucléaire, transformer son entreprise ou son organisation, c’est d’abord retrouver du bon sens et prendre en compte tout ce qui fait qu’elle peut exister, y compris l’héritage des générations passées.

 

Pas de copier-coller

« Un des écueils à éviter, c’est de vouloir utiliser un système tout fait. Il n’y a pas de solution miracle. La transformation n’est pas un résultat statique qu’on peut copier-coller ! » Selon François Richer, se transformer, c’est renouveler sans cesse la façon dont nous collaborons les uns avec les autres, à tous les niveaux. Exit les logiques de domination ou de pillage, place à la logique de collaboration ! Il s’inscrit donc en faux contre l’idée d’un leader charismatique qui, seul, aurait une vision éclairée: « Il n’y a pas tant que ça de super-héros ! ». Dès lors, la transformation doit suivre le rythme du collectif, pas celui du leader.

Ses conseils avisés ? D’abord ouvrir l’espace et la parole : le patron doit se rendre dispensable, se mettre légèrement en retrait et permettre aux avis divergents de s’exprimer. Ensuite, aller voir ailleurs : faire des recherches, rencontrer d’autres personnes, se former et s’informer.

La clé de la transformation ? Prendre toujours en compte la cohésion du groupe. « Il faut constamment surveiller les bonnes conditions de sécurité, d’équité et de confiance. Nous en avons tous besoin ! Des changements trop soudains peuvent engendrer une forte insécurité. » Bref, pour François Richer, la transformation est progressive ou elle n’est pas : « Les grands écarts ou les libérations à la hussarde créent aussi de l’iniquité, par exemple, entre celui qui sait s’exprimer et celui qui ne sait pas. Les rapports de domination sont alors inévitables. » Les nouvelles méthodes de transformation sont donc à utiliser avec modération, en mode réflexif et adaptatif, avec plusieurs paires d’yeux grand ouverts qui veillent aux bonnes conditions de sécurité.

Quant à savoir à l’avance quel est le bon rythme : impossible ! Pour cet adepte de l’holacratie, c’est comme en musique : « Il y a un temps où tout sera en cohérence, où cela sonnera juste. » La bonne synchronisation entre les équipes est essentielle, mais pour la trouver, il faut l’expérimenter !

 

 

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